En Attendant Godot, de Samuel Beckett

Dans En attendant Godot, le comique est partout : dans les personnages clownesques, dans les propos ridicules, absurdes, grotesques, contradictoires, répétitifs, dans le mot et le geste. Dans cette pantomime, les didascalies sont nombreuses pour des gestes burlesques : chutes, pantalonnades de Vladimir et d’Estragon. Ce sont deux Laurel et Hardy d’un cinéma presque muet, des clowns aux noms ridicules. Ces anti-héros pratiquent le comique de situation, de gestes, de mots, de répétition. Ces épaves humaines glissent vers le tragique devant le néant qui les caractérise. Le seul miracle serait la corde qui casse en les sauvant d’un suicide, d’une mort qui n’a pas plus de valeur que leur vie, mais en les privant de la liberté de choisir sa fin.
Vladimir et Estragon sont donc les miroirs d’une humanité désespérée qui ne sait plus que se divertir d’une façon grotesque et pitoyable. Reste que ce théâtre, aux jointures de la tragédie et de la comédie, et aux personnages sans sens, n’est pas vide de sens : il parvient à « plaire et instruire », plaire avec une scénographie, un échange de répliques très novateur, et instruire sur une condition humaine où, autant que Dieu, la catharsis nous est refusée. « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » Thierry Guinhut

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